La laïcité, Histoire d’une singularité française
EAN13 : 9782072689178
ISBN :978-2-07-268917-8
Éditeur :Gallimard
Date Parution :
Collection :L'esprit de la cité - Des hommes qui ont fait la France
Nombre de pages :256
Dimensions : 23 x 20 x 2 cm
Poids : 302 g
Langue : français

La laïcité

Histoire d’une singularité française

De

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C'est un mot qui passe pour intraduisible et qui renvoie aux traits distinctifs de notre histoire nationale. Les origines de la laïcité remontent aux guerres de Religion, où la puissance royale commence à s'émanciper de l'autorité de l'Église. C'est de cette crise originelle que part ce livre. L'Édit de Nantes impliquait qu'on pouvait être bon Français sans être catholique. C'est cette brèche que Louis XIV va tenter de refermer avec la Révocation. Mais la monarchie absolue tire sa légitimité moins de ses fondements religieux que de sa rationalité administrative et de son pouvoir civilisateur. Avec la Révolution, la France cesse d'être un royaume catholique pour emprunter la voie qui mène à l'État laïque, dégagé de toute conception théologique. Le conflit entre France catholique et France républicaine se poursuivra
au XIXᵉ siècle, où la IIIᵉ République s'engage dans une laïcité militante, avant d'aboutir à la loi de 1905. Il prendra d'autres formes pour s'épuiser en 1984 avec la tentative avortée d'intégrer l'école privée catholique dans l'enseignement public. Cependant, depuis les années 1960, l'évolution des mœurs érodait progressivement le consensus moral qui unissait croyants et incroyants, pour déboucher sur les controverses autour du «mariage pour tous» et de la procréation médicalement assistée. À ces dissensions s'est ajouté un nouveau défi, l'émergence d'une religion, l'islam, qui pose à la laïcité des problèmes inédits et introduit au sein même de l'opinion laïque des divisions profondes.
Les origines de la laïcité remontent aux guerres de Religion, où la puissance royale commence à s'émanciper de l'autorité de l'Église. C'est de cette crise originelle que part ce livre.

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Commentaires des libraires

Un principe de concorde.

5 étoiles

Par .

Le principe de laïcité à la française s'est construit sur l’héritage monarchique et des Lumières. C'est la thèse défendue par l'auteur. La doctrine de la souveraineté jour ici un rôle majeur, car c'est elle, qui en fondant la prééminence l’État sur les Églises, a permis de faire de la loi le moyen de garantir la coexistence des libertés et non plus de guider les hommes vers le salut. La sacralisation du pouvoir royal ouvre ainsi la voie à l'émancipation de la société de la religion. C'est Michel de l’Hospital qui porte ce projet au XV siècle, puis c'est Pierre Bayle au XVIIe qui affirme que le lien social n'est pas fondé sur la religion. La révolution française puis la République ont suivi cette trace. La loi de 1905 n'a pas clos l'histoire de la laïcité, car cette histoire ne se réduit pas à l'avènement d'une État neutre qui serait indifférent à la manière dont les religions agissent dans la société. La neutralité de l’État était d'abord un moyen propre à garantir la liberté des croyants, mais aussi protéger l'ensemble des citoyens contre les tentatives d'une partie de la société religieuse pour dominer la société civile. La laïcité ne s'est jamais réduite à un principe simple de séparation. L’État demande aux religions d’accepter que la société n’obéisse pas à la loi divine. Elles doivent reconnaitre que la "vérité" qu'elles proclament n'a aucun privilège particulier et même qu'elle doit céder le pas les lois de la République. La neutralité de l’État poursuit un but plus général : empêcher qu'une religion puisse imposer sa loi pour garantir la liberté de conscience des autres.