LA GRANDE LIBRAIRIE Mercredi 2 novembre 2022 : Denis Podalydès, Barbara Cassin, Shumona Sinha, Daniel Pennac et Florence Cestac

Cette semaine La Grande Librairie joue sur les mots, avec, au bas mot, cinq invités qui ne mâchent pas leurs mots ! Qu'est-ce qu'on fabrique avec des mots ? Qu'est-ce qu'on dit de soi, des autres, du monde que l'on habite ? Il y a ceux dont on hérite et ceux que l'on acquiert, ceux que l'on s'impose et ceux que l'on invente, ceux qui nous échappent, ceux qui nous trahissent, ceux qui nous manquent... Bref, on se demandera, non sans une certaine joie, ce que peuvent les mots... et ce qu'ils ne peuvent pas !
Barbara Cassin publie justement une anthologie intitulée Ce que peuvent les mots (Bouquins). Nourrie de poèmes et de textes anciens, la philosophe et académicienne n'a de cesse de déployer son amour du langage et d’en interroger le pouvoir. Dans cet ouvrage intime et savant, elle rend hommage à cette langue qui l’a rendue plus forte.
Sociétaire de la Comédie-Française, Denis Podalydès se raconte dans Célidan disparu (Mercure de France). Le comédien et écrivain (Prix Femina essai en 2008) se dévoile en garçon inventif, adolescent lettré, ou jeune homme bouleversé par la mort de son frère dans cet autoportrait, drôle et déchirant, où la langue est à jamais le meilleur des refuges.
Shumona Sinha raconte son parcours dans L’autre nom du bonheur était français (Gallimard). Née à Calcutta, élevée dans la culture bengali, elle décide à 22 ans d’apprendre le français qui deviendra sa « langue vitale ». Ce livre sensible et puissant dessine le chemin qu’elle a parcouru par amour d’une autre langue que la sienne.
Après leur première collaboration en 2015 pour Un amour exemplaire, Florence Cestac et Daniel Pennac se retrouvent avec Les mots se mangent (Le Robert). Cette fois, ce sont les expressions françaises qui passent à la casserole. « Raconter des salades », « partir en sucette », « ramener sa fraise »… notre langue est gorgée de gourmandes excentricités. Origines, définitions et dessins savoureux : la recette est parfaite !