Conseils de lecture

La chute de Rome
24,90
par (Libraire)
23 mars 2014

L'Histoire conjuguée au passé... et au futur?

La période de la disparition de l'empire romain d'Occident est sujette à différentes interprétations et les "écoles" historiographies s'affrontent vigoureusement sur ce thème.
Bryab Ward-Perkins défend clairement l'idée selon laquelle le changement fut brutal et violent : "Etant convaincu pour ma part du caractère traumatisant pour la population romaine de l'irruption des peuples germaniques, et non moins convaincu du caractère dramatique à long terme de la dissolution de l'empire, je m'attache ici à critiquer les conceptions par trop rassurantes que l'on veut imposer sur la chute de Rome".

Récompensé par le prestigieux prix Hessell-Tiltman pour l'Histoire, Bryan Ward Perkins réagit en homme du XXIe siècle : "Les Romains, avant la chute, étaient aussi convaincus que leur monde resterait, pour l'essentiel, tel qu'il était, que nous le sommes, nous, aujourd'hui. Ils avaient tort. A nous de ne pas répéter leur erreur et de ne pas nous bercer d'une fallacieuse assurance." Cet essai sur l'Antiquité tardive est donc à lire comme une sévère mise en garde, en forme de récit scrupuleux, sur un effondrement provoqué par des "fuites impossibles à colmater", dans un climat de guerre civile et de violence sociale, dopées par une crise de l'autorité.


Le Choc Simone Weil

Jacques Julliard

Flammarion

12,00
par (Libraire)
15 mars 2014

Simone Weil plus moderne que jamais

Juive convertie au christianisme, communiste immergée dans le monde ouvrier, combattante aux côtés des républicains espagnols : l'intransigeance d'une des intellectuelles les plus puissantes du XXe siècle a fasciné Jacques Julliard, qui lui rend hommage dans "le Choc Simone Weil". (Marianne Mars 2014).


Bien souvent confondue avec son homonyme plus "médiatique", et pour cause (L en moins qui ne l'empêchait pas de voler si haut...), elle fût la Thérèse d'Avila de la philosophie : ardente, passionnée, intransigeante, fulgurante. Son écriture et sa pensée brûlent qui les approche. Autrement dit, il ne s'agit pas d'adopter sa doctrine, de mettre en pratique ses solutions, mais de la suivre, de parcourir avec elle son cheminement intellectuel, de se laisser éclairer par l'ardente lumière de sa réflexion. Simone Weil avait été professeur. Elle avait été anarchiste. Elle avait été révolutionnaire. Elle s'était établie en usine pour écrire la Condition ouvrière. A la faveur du chant grégorien, une expérience pascale survenue en 1938 tourne l'âme de cette femme née dans une famille juive vers le Christ. Et de se convertir. Puis, après un départ précipité pour les Etats-Unis, la voici rejoignant la Résistance, auprès de De Gaulle. Chacune de ses phrases est un feu intérieur. A qui ressemble vraiment Simone Weil, qui, décédant à 34 ans, passa dans la philosophie avec la brièveté d'un orage de chaleur ? A la grande mystique Marguerite Porete (1250-1310) et surtout à Pascal, par son inflexible force d'âme, l'intransigeance de sa plume.